Lupin

 

Bonjour,


Je m’appelle Lupin.  J’étais bien à l’intérieur de ma mère,
mais à 317 jours j’en avais assez.  Je pouvais sortir car le
minimum est de 315 jours.  Chose que je ne savais pas,
c’est que ça n’allait pas être facile à la sortie…


Lorsque j’ai décidé de sortir, c’était par une belle après-midi
ensoleillée et puisque c’était un vendredi,
aucun humain à l’horizon.  J’ai essayé à maintes reprises
de me lever, j’avais soif, il faisait chaud, mais plus j’essayais,
plus je perdais des forces et plus je glissais malgré
les encouragements de ma maman. 
Puis, à force de glisser, j’ai passé sous la clôture. 
J’étais là, sans force, recouvert de mouches et ma mère
qui faisait les cents pas de l’autre côté.


Et puis, tout d’un coup, je me suis senti lever de la terre. 
Le propriétaire de l’écurie, de retour du travail, m’a découvert,
à peine respirant, complètement recouvert de mouches
et m’a rentré dans l’écurie suivi de ma mère. 
Ils ont téléphoné au docteur qui est venu rapidement. 
La propriétaire de ma mère est arrivée juste après notre
entrée dans l’écurie que je nommerai ma deuxième mère. 
Le vétérinaire a suggéré d’aller acheter une bouteille de lait
et soutirer le lait de ma mère pour me nourrir que je prenne
des forces.  Et ma deuxième mère est partie à toute vitesse
aller chercher une bouteille, ensuite elle a trait le lait du pis
de ma mère et m’a nourrit, à toutes les deux heures pendant
toute la nuit et jusqu’au lendemain après midi. 
Elle a passé la nuit debout pour moi et c’est pour ça que
je l’appelle ma deuxième mère. 
Ce qu’elle ne savait pas et que moi j’ai entendu,
c’est que le vétérinaire a dit que je ne passerais pas 24 heures.  


Et puis le lendemain, j’ai été capable de me lever, de marcher
et avec plein de patience, ma deuxième mère m’a montré
comment téter après ma mère.  Je l’ai entendu, elle a dit
que je devais apprendre et c’est ce que j’ai fait. 
Tout allait bien, je dormais, je me levais, je buvais,
mais tout restait à l’intérieur de moi. 
Et voilà que je suis revenu faible, ayant de la difficulté à
me lever car mes intestins étaient bloqués. 
Avec deux « fleet » pour bébé, j’ai évacué le tout immédiatement
et j’ai repris vie.


Aujourd’hui, lorsque ma deuxième mère voit à mon éducation,
il y a des moments où j’oublie que je lui dois la vie. 
Elle vient me voir tous les soirs et je l’attends patiemment
sur le bord de la clôture pour une caresse et de la moulée. 
Elle m’a nommé Lupin et tout au long de ma vie,
je ferai honneur à Arsène Lupin duquel vient mon nom….
Je serai toujours aussi perspicace que lui….

 

Texte: Annie Maltais